Data Engineer, un métier à la portée de tous et toutes ?
Dans ce nouvel épisode du podcast Human Coders, je retrouve Tiffany Souterre pour parler de sa reconversion dans l'informatique. Elle est aujourd'hui consultante Data Ingénieure sur GCP chez Jems Datafactory.
Après avoir fait une école d'ingénieur en biotechnologies puis une thèse en ingénierie génétique en 2017, elle décide de sauter le pas et entame une reconversion.
C'est grâce à une formation en Machine Learning puis en Big Data, que Tiffany acquiert des connaissances de bases pour commencer à travailler sur ses premières missions.
Cet épisode est l'occasion pour elle de nous raconter son parcours, ses premières impressions du monde de l'informatique et enfin de partager quelques conseils pour ceux et celles qui voudraient se reconvertir !
Bonne écoute !
Transcription de l'épisode
La reconversion de l'ingénierie génétique vers la data
Ludwine Probst : Bonjour à tous et à toutes, je suis Ludwine et vous écoutez le podcast Human Coders. Dans chaque épisode de ce podcast, j'invite un ou une développeuse ou un professionnel de l'informatique pour parler de techno, de pratiques de développement ou de sujets plus généraux, mais toujours en lien avec l'informatique. Au programme également, des parcours de développeurs qui, j'espère, vous inspireront.
Tous les épisodes sont disponibles sur SoundCloud ou bien votre application de podcast préférée. Pensez à vous abonner et nous laisser des commentaires ou des likes, ça nous fera toujours plaisir. Vous êtes nombreux et nombreuses à vouloir vous reconvertir dans l'informatique, alors je suis ravie aujourd'hui d'être avec Tiffany Souterre qui s'est reconvertie il y a deux ans. Après une thèse, elle a sauté le pas et elle est aujourd'hui Data Engineer. Dans cet épisode, elle va nous raconter comment elle a fait cette reconversion, la formation qu'elle a suivie, ses premiers pas dans le monde de l'entreprise et donner quelques conseils pour ceux et celles qui voudraient se lancer. Bonjour Tiffany.
Tiffany Souterre : Bonjour Ludwine.
Ludwine Probst : Est-ce que tu pourrais te présenter ?
Tiffany Souterre : Bien sûr. Je m'appelle Tiffany Souterre, je suis Data Engineer depuis maintenant deux ans chez Jems Datafactory. À la base, je viens d'une reconversion : j'ai fait une thèse en génie génétique.
Ludwine Probst : Génie génétique, est-ce que tu peux préciser un peu plus en quoi ça consistait ?
Tiffany Souterre : En gros, je travaillais avec des bactéries et j'étudiais la séquence de leur ADN, pour être très simpliste.
Ludwine Probst : Est-ce qu'il y avait de l'informatique dans ton quotidien ? Est-ce que tu lançais des scripts ?
Tiffany Souterre : Il n'y en avait pas trop. En vrai, si on n'aime pas l'informatique, on peut tout faire pour ne pas en avoir dans le domaine où j'étais. Mais moi j'aimais bien, du coup j'avais créé quelques scripts pour m'aider dans mes analyses de génome.
Ludwine Probst : Qu'est-ce qui a fait qu'il y a deux ans, tu décides de quitter ce milieu pour te lancer dans l'informatique ?
Tiffany Souterre : Ça faisait un peu plus longtemps que j'y pensais, j'avais commencé à y réfléchir pendant ma thèse. J'ai découvert l'informatique par un biais un peu particulier : celui des communautés. Je suis entrée en contact avec les membres du Google Developer Group de Paris. À l'époque, j'étais en thèse, je n'avais vraiment aucune connaissance en informatique, mais j'avais beaucoup aimé cette ambiance d'organisation de meetups, de rencontrer des gens passionnés par ce qu'ils faisaient. Même sans connaître le milieu, j'étais quand même très intéressée. J'étais surtout intéressée par la Data Science et le Machine Learning, en plus de ma thèse. J'avais commencé à regarder un peu de mon côté sans vraiment pratiquer. Pendant ma thèse, l'idée avait germé en moi que non seulement ça m'intéressait, mais aussi que je pourrais peut-être un jour appliquer l'intelligence artificielle à l'analyse de génome. Au fur et à mesure, je me suis dit que pour pouvoir le faire, il fallait que je me lance dans le code, que je sache coder, devenir informaticienne. À la fin de ma thèse, j'ai décidé de faire un tournant à 180 degrés dans ma carrière, d'apprendre à coder et peut-être qu'un jour j'arriverai à faire le pont entre mon ancienne vie, celle de l'ingénierie génétique, et aujourd'hui le code.
Le parcours de formation pour devenir Data Engineer
Ludwine Probst : On entend pas mal parler des reconversions. Comment tu t'y es prise ? C'est une question qui revient énormément : comment réussir sa reconversion, comment passer à l'action, quel langage utiliser ?
Tiffany Souterre : Déjà, via le GDG, j'avais la chance d'être en contact avec beaucoup de gens qui travaillaient dans le milieu. J'avais aussi une bonne idée des différents domaines qu'il y avait dans l'informatique, parce que souvent quand on dit reconversion en informatique, ça peut être pour devenir développeur web, mais ça peut aussi être Data Engineer, Data Scientist... ça recouvre plein de domaines différents et on ne les connaît pas forcément tous quand on veut faire une reconversion. Dans mon cas, ce qui m'intéressait, c'était vraiment la Data Science et le Machine Learning. Pas mal d'amis m'avaient redirigée vers un langage de prédilection : Python. J'avais commencé à apprendre Python pendant ma thèse.
Réellement, à la fin de ma thèse, quand j'ai été au chômage au début, Pôle Emploi m'a proposé une formation qu'ils appellent un "reskilling". En gros, ils te proposent de faire une formation avec une entreprise. Dans mon cas, l'entreprise c'était Jems Datafactory. Jems paye une moitié de la formation, Pôle Emploi paye l'autre moitié, donc c'est vraiment gratuit pour la personne qui veut se former. À la fin des trois mois de formation, il y a un petit test et si on réussit le test, on est embauché par la boîte. C'était mon premier pas dans l'informatique grâce à cette formation de reconversion avec Pôle Emploi.
Ludwine Probst : Est-ce que cette formation existe toujours et comment ça marche ?
Tiffany Souterre : Je pense qu'elle existe toujours. Aujourd'hui chez Jems Datafactory, il y a peut-être moins d'embauches vu la crise, mais il faut quand même toujours regarder. Sur le site de Pôle Emploi, on peut trouver le lien vers l'entreprise qui s'appelle FITEC. C'est FITEC qui s'occupe des reconversions. Ils font ça avec plein d'autres boîtes. Ils proposent des formations régulièrement, donc si des personnes sont intéressées, il suffit d'aller sur le site de FITEC pour trouver les formations en cours.
Ludwine Probst : Est-ce que c'était une formation accessible à tout le monde ? Est-ce qu'il y avait des prérequis, un Bac+5 peut-être ?
Tiffany Souterre : Il n'y avait pas de prérequis, en tout cas au moment où j'ai été prise. Ils cherchent pas mal de profils motivés avant tout. Dans ma promo FITEC, on était très hétérogènes en termes d'éducation, d'expérience, d'âge. Tant que la personne est motivée et qu'elle le montre... parce qu'avant d'être accepté à la formation, on passe un petit entretien quand même avec la boîte. Il faut que l'entreprise donne son accord, donc il y a une petite étape de validation, mais en soi, on peut n'avoir jamais codé et pouvoir être accepté.
Ludwine Probst : Est-ce que tu avais envisagé d'autres formules ? Il y a plein de façons de se reconvertir aujourd'hui : des bootcamps, des formations en ligne, des formules sur trois mois comme Le Wagon...
Tiffany Souterre : J'avais regardé pas mal de formations en ligne parce que juste après ma thèse, pendant mon chômage, j'avais beaucoup de temps. J'avais commencé et fini la formation qui s'appelle le "Nano Degree Machine Learning" sur le site d'Udacity. C'est une formation vraiment très bien qui part du début. Si on n'a aucune connaissance en informatique, on peut commencer par ce genre de formation, même s'il y a quelques prérequis sur le fait de savoir faire un peu de Python. Par contre, la formation Udacity est payante et c'est quand même relativement cher, ça peut aller jusqu'à 1000 euros. C'est pour ça aussi qu'une fois que j'avais fini ça, j'ai voulu faire la formation avec FITEC parce que c'est une formation qui donne un certificat à la fin et qui est gratuite pour la personne. Sinon, en formation gratuite, j'avais fait un site de Machine Learning sur Coursera, dispensé par Andrew Ng. Cette formation est gratuite et vraiment très bien aussi.
L'entrée dans le monde de l'entreprise
Ludwine Probst : À l'issue de la formation, tu rentres directement dans le bain du travail ?
Tiffany Souterre : Pendant la formation, on est entièrement ensemble avec les gens de la formation, comme à l'école. Quand on est accepté à la fin, on rentre directement dans le bain du travail. Je me rappelle que j'avais fini la formation et une semaine après, je passais mes premiers entretiens en entreprise.
Ludwine Probst : Est-ce que tu as la garantie d'avoir un emploi ? C'est un gros défaut de plusieurs formations aujourd'hui : les gens se forment et à la fin, ils n'ont pas forcément de possibilité de trouver réellement un emploi car peu de personnes sont enclines à prendre des débutants.
Tiffany Souterre : Dans le cas de FITEC, comme on passe déjà un entretien avec une entreprise au début, l'entreprise s'engage à embaucher la personne à condition qu'elle ait réussi la formation. J'ai été embauchée chez Jems Datafactory. Comme Jems est une boîte de conseil, c'est eux après qui m'ont fait passer des entretiens chez leurs clients, mais j'étais embauchée chez Jems. C'est un bon format parce qu'on part assez serein, on est dans de bonnes conditions pour réussir une reconversion. Ce qui me rassurait énormément, c'était de me dire que si je donnais tout ce que j'avais pendant les trois mois de formation et qu'à la fin je réussissais, j'avais mon job assuré.
Ludwine Probst : Est-ce que dans ta formation de trois mois, tu as pu te spécialiser ou est-ce que ça restait assez général ?
Tiffany Souterre : La formation a très vite évolué. Il y a deux ans, c'était "Consultant Big Data". C'était très large : on apprenait à faire des clusters on-premise, à utiliser Hadoop, des outils comme ça. Il n'y avait pas du tout de Cloud à l'époque. Aujourd'hui, la formation a un peu plus shifté vers le Cloud. Ça reste quand même très généraliste, mais ils changent le programme en fonction de leurs besoins clients. On apprend des choses qui vont correspondre à ce que leurs clients ont besoin en termes de technologie. Pour se spécialiser, on peut toujours, dans une boîte de service, demander à être plus ou moins axé sur telle ou telle technologie. Après, c'est vrai que des fois on nous propose des missions qui ne sont pas forcément alignées avec ce qu'on voulait. Quand on est débutant après juste trois mois de formation, on se dit qu'il faut juste mettre le pied à l'étrier, tester quelque chose. Dans mon cas, je voulais plutôt faire de la Data Science et ma première mission a été plutôt de la Data Analyse, de la Data Visualisation. Je me suis dit que ça restait quand même un premier job, je voulais voir comment ça marchait et on m'avait dit qu'avec l'expérience je pourrais changer. C'est ce qui s'est passé.
Ludwine Probst : Parle-nous de tes premières missions, de ton entrée dans le monde de l'informatique. Qu'est-ce qui t'a plu ou moins plu ?
Tiffany Souterre : Les premiers mois ont été une découverte absolue. Quand on vient du monde de l'académique, on ne sait même pas ce qu'est une boîte de conseil. J'ai découvert tout ce système de prendre des externes d'une entreprise pour leur faire faire certaines tâches. C'était assez troublant au début, j'ai mis un peu de temps à prendre mes repères. Ma première mission était chez Renault. Je devais faire de la Data Viz et je ne connaissais rien au domaine des voitures. Tout ça a pris un peu de temps. Après, j'ai eu la chance d'avoir été encadrée par des gens qui étaient extrêmement bienveillants et qui m'ont expliqué toutes les choses que je ne savais pas, même ce que je n'avais pas vu en formation. Ce que j'ai appris dans ma reconversion, c'est qu'il fallait surtout être adaptable et ne pas avoir peur de ne pas savoir quelque chose. Souvent en informatique, il y a des choses qu'on ne sait pas, des outils qu'on ne sait pas utiliser et il faut juste apprendre. C'est beaucoup d'apprentissage au quotidien. Même au bout de deux ans, j'apprends encore tous les jours de nouvelles choses que j'ai l'impression que j'aurais dû savoir depuis des mois, mais on se rend compte qu'il y a tellement de choses à savoir.
Au bout de six mois, j'ai commencé à me sentir un peu mieux. J'ai demandé à changer de mission parce que la Data Viz n'était vraiment pas la première chose que je voulais faire. Je voulais travailler sur le Cloud et on m'a proposé une mission en tant que Data Engineer sur le Cloud, toujours chez Renault. Là, j'ai changé d'équipe et j'ai redécouvert un nouveau métier, de nouveaux outils. J'étais très motivée pour apprendre, j'étais au contact d'une équipe encore une fois très bienveillante. Ça fait maintenant un an et demi que je suis Data Engineer sur le Cloud et j'en apprends encore tous les jours.
Le quotidien d'une Data Engineer
Ludwine Probst : Est-ce que tu as envie de parler un peu plus de ce que tu fais au quotidien ?
Tiffany Souterre : Le job a beaucoup évolué parce que je suis arrivée dans un projet "from scratch", on montait le projet. À la base, on devait monter l'architecture Cloud pour pouvoir faire ce projet. C'était pas mal parce que j'ai découvert tous les outils qu'on pouvait utiliser pour différentes stratégies. Mon rôle en tant que Data Engineer, c'était de faire migrer certaines données qui étaient "on-premise" (un cluster hébergé chez le client) sur un Cloud, GCP (Google Cloud Platform) en l'occurrence. À partir de ces données brutes, on crée un "pipeline" (un workflow) où on va modifier la donnée pour créer de la valeur avec. On part des données brutes, on les nettoie, on les standardise sur un certain format. Ensuite, on peut les délivrer à une autre équipe de Data Scientists. Les Data Scientists, avec ces données nettoyées, vont pouvoir créer des modèles de Machine Learning pour pouvoir prédire certaines choses, par exemple des comportements de consommation, des comportements d'achat de voitures, ou prédire à quel moment on va devoir réparer certaines pièces sur une voiture. Une fois que les Data Scientists ont fait leur modèle, le rôle des Data Engineers est d'incorporer ces modèles dans le workflow pour pouvoir créer des scores et ensuite envoyer ces scores à un département business qui va pouvoir prendre des décisions marketing. Le Data Engineer s'occupe de prendre la donnée, de la transférer quelque part et de la mettre en forme pour qu'elle soit exploitable.
Ludwine Probst : Qu'est-ce qui t'a étonnée ou interpellée dans ce milieu informatique ?
Tiffany Souterre : L'Open Source ! Dans le domaine académique, on n'est pas trop dans le partage, en tout cas quand on travaille sur des sujets un peu sensibles de recherche. On va plutôt garder les informations précieuses pour soi, alors que dans l'informatique, il y a beaucoup plus de partage. J'ai découvert tous les projets Open Source, j'ai découvert aussi le Hacktoberfest en octobre, qui est le festival de l'Open Source. Quand j'ai commencé à comprendre comment marchait GitHub et que j'ai commencé à regarder des codes qui étaient en Open Source, j'ai réalisé à quel point c'était une grosse partie de l'informatique. Je n'avais juste pas compris à l'époque que certains outils de la vie de tous les jours étaient issus de projets Open Source. Par exemple, j'étais sur mon téléphone, il y avait Android dessus, pour moi ce n'était pas du tout Open Source et pourtant ça l'est. J'ai découvert un tout nouveau monde. Cet esprit de partage existe dans très peu d'autres domaines. C'est peut-être l'un des seuls domaines où on peut aller sur Internet et en trois clics, trouver une communauté, discuter avec des passionnés, et eux vont ouvertement t'apprendre des choses, te montrer comment faire et partager leur code avec toi.
Ludwine Probst : Je te rejoins, je trouve qu'il y a un grand esprit de partage. Ce qui m'avait surprise aussi en arrivant, c'était tous les événements qui étaient organisés, toutes les communautés, toutes ces rencontres après le travail ou les week-ends pour s'aider à apprendre des choses.
Tiffany Souterre : J'ai découvert les meetups aussi par l'informatique. Je ne savais même pas qu'il y avait des meetups avant pour d'autres choses que l'informatique. C'est très présent en informatique et j'aime beaucoup ça.
Conseils pour une reconversion réussie
Ludwine Probst : On en arrive à la partie conseils. Quels conseils tu pourrais donner à des personnes qui aujourd'hui aimeraient se lancer mais n'ont peut-être pas encore sauté le pas ?
Tiffany Souterre : Mon conseil, ce serait de ne pas avoir peur de se lancer. Ça peut paraître insurmontable, mais en fait, l'informatique ça s'apprend un petit peu tous les jours. Il ne faut pas... souvent quand j'ai des amis qui se reconvertissent, c'est assez impressionnant de se lancer, surtout de comprendre comment coder. Au tout début, quand on n'a jamais codé de sa vie, on ne sait même pas ouvrir un terminal. Quand on commence à ouvrir un terminal et qu'on rentre ses premières commandes, on se dit "ohlala, il y en a tellement à apprendre, j'y arriverai jamais". En fait, il faut le faire un petit peu tous les jours, apprendre un petit truc nouveau un peu tous les jours et à force, on va se rendre compte qu'au bout de six mois, ce n'est pas si dur. Le début est compliqué, le plus dur dans ma reconversion, ça a peut-être été les six premiers mois. À chaque fois qu'on veut faire un seul truc, on est obligé de regarder sur Internet comment on fait parce qu'on n'a aucune idée de comment ouvrir un terminal, comment runner un script, ou tout simplement où est-ce qu'il faut coder. Je ne savais même pas qu'un environnement de développement ça existait. Le premier jour où on veut coder, on se pose 10 000 questions et dès qu'on trouve une réponse, on en a 10 000 autres et ça peut faire peur. Il ne faut pas avoir peur de ça.
Mon deuxième conseil, ce serait de trouver un mentor. Une personne qui est bienveillante et qui veut bien répondre à toutes vos questions, aussi naïves soient-elles, et le faire avec beaucoup de patience et de bienveillance. Je pense que ça va beaucoup plus vite d'avoir une personne qui sait déjà et qui peut répondre à toutes nos questions que d'avoir à chercher toutes les questions sur Google. Parfois quand on commence, on ne sait même pas quels mots-clés taper dans Google tellement on n'a pas le vocabulaire pour savoir juste décrire ce qu'on veut faire. La partie mentor, c'est très important.
Si je devais recommencer, la première chose que je ferais, c'est que je regarderais dans les communautés qui existent pas loin de chez moi. À Paris, il y a plein de communautés partout. Si vous regardez sur Meetup n'importe quelle communauté, par exemple si vous êtes une femme, il y a énormément de communautés basées sur la diversité qui sont remplies de personnes et de membres qui sont très pédagogues et qui n'attendent qu'une chose, c'est de vous aider. Dans ces personnes-là, si vous pouvez les rencontrer et si vous pouvez trouver un mentor parmi eux, je pense que ça peut vous faire gagner énormément de temps.
Ludwine Probst : Je te rejoins totalement. Rejoindre des communautés, ça peut être un gros accélérateur. Pour compléter, dans les initiatives de femmes, il y a évidemment Duchess France, il y a aussi les Ladies of Code sur Paris, et il y a les PyLadies Paris. Il y a beaucoup de communautés qui sont aussi rattachées aux technos ou bien aux langages. Si vous n'êtes pas une femme, il y a d'autres communautés évidemment par techno. Vous allez trouver un meetup associé. Aller à des événements, même en ligne en ce moment, ça vous permettra de rencontrer des gens un peu plus expérimentés qui pourront vous rediriger ou peut-être même vous aider ou vous intégrer sur des projets sur lesquels ils sont. C'est essentiel de se rapprocher des communautés.
Tiffany Souterre : Souvent ce sont des personnes qui cherchent à vous aider. Ce sont vraiment des personnes qui ont envie d'aider les gens qui veulent se reconvertir, qui sont passionnés, qui veulent poser des questions, qui sont motivés. N'hésitez surtout pas. Souvent on se dit "je ne vais pas déranger cette personne" ou "je ne vais pas envoyer un mail parce que je ne la connais pas", mais en fait, ils sont très ouverts, donc n'hésitez surtout pas.
Ludwine Probst : Super, merci en tout cas pour tous ces conseils. Pour finir, est-ce que tu as un dernier message à donner aux gens qui nous écoutent ?
Tiffany Souterre : Un dernier message : ne jamais abandonner. C'est un peu cliché, mais j'ai rencontré pas mal de gens en reconversion qui baissent un peu les bras et qui finalement ne se lancent pas. C'est dommage. S'il y a bien quelque chose que j'ai compris en informatique, c'est que c'est vraiment à la portée de tout le monde si on s'en donne les moyens. Ne vous découragez pas si un jour vous vous retrouvez en face d'un bug incompréhensible ou que la tâche vous semble insurmontable, ce n'est pas le cas. Il y a toujours une solution.
Ludwine Probst : Merci pour ton témoignage. J'espère que les auditeurs trouveront des réponses à leurs questions, que ça leur donnera envie de passer à l'action. Merci Tiffany.
Tiffany Souterre : Merci beaucoup Ludwine.
Ludwine Probst : Un grand merci à Tiffany qui nous a partagé son expérience. J'espère que ça a répondu à vos questions sur la reconversion et que ça vous a donné envie de vous lancer si vous vous posez ces questions. N'hésitez pas à la suivre sur son blog personnel. Elle y poste régulièrement des articles techniques et fait de la vulgarisation du Cloud en bande dessinée, donc avis aux amateurs de dessins. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à le partager. Vous pouvez aussi laisser un commentaire sur l'article qui liste tous les liens mentionnés dans cette interview, c'est sur le blog de Human Coders. Quant à moi, je vous dis à très bientôt pour une prochaine interview.
Informations sur l'épisode
- Date de publication
- Saison
- 1
- Épisode
- 13
- Durée
- 28:18
- Série
- Human Coders Podcast
Pour aller plus loin
Consultez l'article sur notre blog pour approfondir le sujet.