Le métier de dev : vraiment menacé par l’IA…? - Extrait SMALLTALK #4

Saison 2 37:51

Depuis quelques mois, on utilise de plus en plus des assistants comme Cursor pour coder, et ça révolutionne notre quotidien de développeurs·euses. Notre productivité augmente nettement : on passe maintenant plus de temps à dialoguer avec ces IA pour résoudre des bugs, optimiser ou générer du code qu'à coder directement. Cette évolution pose des questions importantes sur l'avenir du métier de développeur et son impact sur le marché.

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Transcription de l'épisode

Chez Human Coders, nous aimons utiliser des outils comme Cursor pour nous aider dans notre développement. Ces derniers temps, nous avons constaté une augmentation significative de notre productivité. Cela nous a amenés à réfléchir ensemble sur l'évolution de notre métier de développeur dans les mois et années à venir, ainsi que sur l'impact potentiel sur le marché si ces outils continuent de s'améliorer. Nous voulions partager avec vous un extrait de cet échange.

L'impact des assistants IA sur la productivité des développeurs

Matthieu Segret : En tant que développeur, l'utilisation des assistants pour coder est devenue quotidienne. Cela fait quelques mois que nous les utilisons et j'ai l'impression que, de semaine en semaine, l'assistant est plus performant et me permet de faire plus de choses. Mon usage est de plus en plus important. Cela a vraiment bouleversé ma manière de coder. Désormais, je passe plus de temps dans le chat de Cursor à dialoguer avec Claude Sonnet pour obtenir des explications sur du code que je n'ai pas écrit, comprendre l'origine d'un bug, optimiser des parties consommatrices en ressources ou générer du code. Je passe maintenant plus de temps dans le chat qu'à coder directement. Ma posture a changé par rapport à il y a six mois : je suis davantage quelqu'un qui dialogue avec un assistant et relit son code, plutôt qu'une personne qui code directement.

Il reste fondamental de comprendre le code généré. Parfois, l'IA fait n'importe quoi, souvent parce que je ne lui ai pas donné assez de contexte ou que je n'ai pas bien expliqué mon besoin. Il faut alors itérer avec elle.

Apprendre de nouveaux langages grâce à l'IA

Matthieu Segret : Pour donner un exemple concret, nous mettons en place une application permettant à nos clients de soumettre leurs idées de formation. Nous sommes partis d'une application open source nommée Fidder, écrite en Go et en React. C'est une application de taille moyenne avec environ 500 fichiers. Si je connais bien React, je n'avais jamais codé en Go de ma vie. Grâce à l'assistant et à Claude Sonnet, j'ai pu faire évoluer le code. Je n'ai pas écrit une seule ligne de Go moi-même car je ne connais pas la syntaxe, mais j'expliquais ce que je voulais. Le code généré semblait logique et, après quelques itérations, les résultats fonctionnaient. C'est assez bluffant.

Camille Roux : Nous en discutons régulièrement. Au début, il y a un an, nous pensions que cela améliorait l'autocomplétion sans révolutionner notre façon de travailler. Mais tous les trois mois, notre avis change car les outils progressent plus vite que prévu. Cursor gère maintenant beaucoup mieux la base de code (codebase) et la plupart des outils ont développé des agents. L'autre jour, nous devions traiter un gros fichier CSV. Plutôt que de coder le script, nous avons décrit le besoin à l'agent qui nous a sorti un script Python d'une page en "one shot". C'était juste, à part un petit détail qu'il ne pouvait pas deviner.

Quel avenir pour le marché de l'emploi des développeurs ?

Camille Roux : Il y a un gain de performance évident avec ces agents. Les équipes de dev vont aller plus vite. Est-ce que les entreprises vont en profiter pour faire plus de choses avec le même nombre de développeurs, ou vont-elles réduire leurs effectifs ? Si une tâche qui nécessitait huit personnes n'en demande plus que quatre, cela pourrait accentuer la crise de l'emploi chez les développeurs.

Matthieu Segret : C'est un scénario possible. Mais il y a aussi l'éventualité où automatiser des choses devient si facile et accessible que nous coderons simplement beaucoup plus d'applications. Par ailleurs, il y aura peut-être des paliers. Ce qui est vrai aujourd'hui ne le sera peut-être plus dans trois ou cinq ans.

Matthieu Segret : On peut même imaginer un monde où, en décrivant une interface graphique sur Figma et en expliquant scrupuleusement les workflows et la structure des données, l'IA génère tout le code sans que nous ayons besoin de le regarder. Ce serait une sorte de boîte noire où l'on corrigerait les bugs par le dialogue. Cela pose évidemment des questions de sécurité, de performance et de perte de contrôle.

Camille Roux : Notre métier évolue à une vitesse folle. Il y a des métiers qui risquent de disparaître, comme intégrateur CSS débutant. Une grande partie de mon ancien temps de développement en Ruby on Rails serait aujourd'hui remplacée par un échange avec un agent.

L'évolution des compétences : architecture et relecture

Matthieu Segret : Pour réagir à cette évolution, plusieurs axes se dessinent. D'abord, il faut maîtriser les LLM, car cela devient incontournable. Ensuite, il y a la partie architecture qui va rester primordiale : comprendre comment structurer son application et ses bases de données. L'IA n'est pas encore très forte pour générer du code bien optimisé dès le départ. Mon expérience de 18 ans en architecture me permet de diriger l'IA vers la bonne direction.

Même si notre métier devient de la revue de code généré par IA, cela demande des compétences pour comprendre pourquoi un code ne pourra pas passer à l'échelle. Nous devrons aussi mettre en place des systèmes où l'IA se relit elle-même pour vérifier la sécurité ou les failles.

Adapter la formation aux nouveaux usages de l'IA

Camille Roux : Chez Human Coders, qui est un centre de formation, nous nous demandons si nous devons changer notre manière d'enseigner. Est-il encore utile d'expliquer en détail la syntaxe d'un langage ?

Matthieu Segret : Pour l'instant, je pense que nous avons encore besoin de comprendre le code généré. Même si on écrit moins, la connaissance de la syntaxe aide à la relecture. Cependant, nous intégrons déjà ces outils dans nos formations IA. Nous avons sorti des formations spécifiques sur Cursor, sur Copilot, et sur les LLM pour les développeurs. Nous préparons la même chose pour les DevOps.

Camille Roux : On a déjà connu des gains de productivité par le passé, avec Ruby on Rails ou Heroku, et cela n'a pas détruit le marché du travail car les entreprises en ont profité pour créer davantage. L'IA est un outil supplémentaire qu'il faut savoir utiliser au bon moment, sans tomber dans le "tout IA" systématique.

Actualités de Human Coders

Camille Roux : Nous avons ajouté de nombreuses formations Cloud (Azure, Linux embarqué, Linux temps réel) et nous avons lancé un site nommé Ideas pour que vous puissiez suggérer et voter pour des programmes de formation.

Nous sommes également partenaires de plusieurs conférences comme React Paris. Matthieu donnera une conférence aux Human Talks de Lyon le 11 mars sur le Creative Coding, et je serai à Mix-IT en avril pour parler d'art génératif. Enfin, Human Coders est le partenaire officiel du baromètre de l'AFUP cette année pour analyser le marché des développeurs en France.

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Informations sur l'épisode
Date de publication
Saison
2
Durée
37:51
Série
Human Coders Podcast