Veille techno : les bonnes pratiques - SMALLTALK #10

Saison 2 • Épisode 24 45:23

Aujourd’hui, Camille et Matthieu te parlent d’un sujet qui les accompagne depuis leurs débuts : la veille techno. Podcasts, vidéos, meet-ups, side projects, échanges entre développeur·se·s… ils reviennent sur les formats et les habitudes qui les aident à apprendre, à rester curieux et à faire évoluer leurs pratiques.

Découvre aussi leurs conseils pour structurer ta veille, éviter de subir les algorithmes et garder une ouverture sur des sujets variés, sans te laisser noyer par le flux !

•• TIMECODES ••

00:00:00 Introduction
00:00:09 Pourquoi est-ce que l'on fait de la veille ?
00:04:16 Comment Matthieu fait sa veille ?
00:07:13 Comment Camille fait sa veille ?
00:16:04 Comment organiser sa veille ?
00:24:45 Veille et IA
00:26:03 Que fait-on de notre veille ?
00:35:04 Le lien entre Human Coders et la veille
00:42:16 Conclusion

•• GUESTS ••

Matthieu Segret, directeur associé de Human Coders
https://www.linkedin.com/in/matthieusegret/
https://x.com/matthieusegret

Camille Roux, directeur associé de Human Coders
https://www.linkedin.com/in/camilleroux/
https://x.com/CamilleRoux
https://twitter.com/camillerouxart

Sommaire de l'épisode
00:00:00 Introduction
00:00:09 Pourquoi est-ce que l'on fait de la veille ?
00:04:16 Comment Matthieu fait sa veille ?
00:07:13 Comment Camille fait sa veille ?
00:16:04 Comment organiser sa veille ?
00:24:45 Veille et IA
00:26:03 Que fait-on de notre veille ?
00:35:04 Le lien entre Human Coders et la veille
00:42:16 Conclusion
Transcription de l'épisode

Introduction

Camille Roux : Bonjour et bienvenue sur le podcast de Human Coders. Aujourd'hui, on va vous parler de veille techno. Je suis accompagné de Matthieu. Salut Matthieu !

Matthieu Segret : Salut Camille !

Camille Roux : La veille, c'est quelque chose d'hyper important pour nous, on en fait depuis longtemps. Je vais peut-être commencer par expliquer mon rapport à la veille et tu nous expliqueras le tien juste après ?

Matthieu Segret : Carrément.

Pourquoi est-ce que l'on fait de la veille ?

Camille Roux : Ces derniers temps, j'ai fait pas mal de conférences sur ma manière de faire de la veille techno. J'ai commencé cette habitude pendant l'école d'ingé. C'est vraiment là où, à ce moment-là, j'étais encore un peu matinal parce que l'école commençait tôt, et je bossais en startup. La startup commençait plus tard, donc j'ai pris l'habitude de combler ce temps par de la veille. C'était la grande époque de Google Reader et je faisais ma veille en lisant plein de flux RSS.

Très vite, j'ai vu que ça m'a servi. Je la repartageais, j'ai commencé à avoir de l'audience sur les réseaux, ça m'a fait des contacts qui auraient été inimaginables pour moi si je ne faisais pas ça. Ça m'a permis aussi de rencontrer des gens localement. C'était toute une aventure qui était géniale et ça m'a vraiment servi dans mon boulot. Dans l'équipe, je voyais que je pouvais souvent connaître la lib qui allait nous faire gagner du temps alors que les autres ne l'avaient peut-être pas. Ça m'a permis de trouver du boulot, d'être un peu plus serein sur les technos sur lesquelles il fallait que je me positionne. C'est vraiment resté ancré dans mes pratiques. Je ne sais pas pour toi Matthieu, mais j'imagine que ça a démarré à peu près au même moment ?

Matthieu Segret : Oui, complètement. Pour l'histoire, on était déjà binômes en école d'ingé, on avait pas mal de projets en commun à ce moment-là. On s'est pas mal influencé l'un l'autre, même si on a des pratiques de veille un peu différentes. De mon côté, une chose importante à dire est que je suis dyslexique. Ça n'a jamais été facile pour moi de lire, surtout de lire longtemps des articles. Je l'ai fait, mais j'ai toujours privilégié le format conférence, podcast ou vidéo.

Au niveau de la veille, il y avait aussi pas mal les projets persos. J'avais souvent des projets et j'aimais bien découvrir de nouvelles technos. L'idée était de regarder un peu toute l'actualité qu'il pouvait y avoir autour des technos que j'avais choisies ou autour de mes idées de projets. Souvent, ça partait de là et c'était là où partait ma motivation.

Dès que je me suis installé à Paris, après les études, j'ai pu assister à énormément de meetups. J'en faisais quasiment toutes les semaines. Forcément, je tombais sur des sujets que j'avais pas anticipés au début. Il y avait beaucoup d'échanges avec d'autres développeurs. Aujourd'hui, c'est principalement pour moi la partie audio en podcast, sur YouTube ou maintenant avec le text-to-speech pour écouter un article, par exemple.

Camille Roux : C'est intéressant parce qu'on voit qu'il y a plein de façons de faire sa veille. Ce n'est pas juste la lecture d'articles. À nous deux, on en a cité plein : les articles, les podcasts, les vidéos, le fait de pratiquer aussi via des side projects, les événements... Il y en a vraiment pour tout le monde.

Comment Matthieu fait sa veille ?

Camille Roux : Est-ce que tu peux nous expliquer un peu plus précisément comment tu fais ta veille aujourd'hui ?

Matthieu Segret : C'est encore mouvant parce que je sens qu'il y a des choses sur lesquelles j'aimerais progresser. Aujourd'hui, je m'intéresse beaucoup aux sujets autour de l'IA, ce qui m'a amené à retourner sur X (Twitter) où il y a pas mal de personnes que je suis qui parlent de ces sujets-là, que ce soient des acteurs chinois, américains ou même français avec Mistral. Ils sont malheureusement très présents sur cette plateforme. C'est un format qui me convient parce que les messages à l'écrit ne sont pas trop longs.

Pour l'actualité, j'utilise ça, et après je vais creuser sur des formats plus longs avec des podcasts. J'en écoute plusieurs, plutôt en français. Quand j'écoute en anglais, très vite, j'ai mon esprit qui part ailleurs et j'ai plus de difficultés à tenir dans la durée. Sur YouTube également, soit j'écoute sans regarder l'image et c'est presque un podcast, soit j'ai besoin de voir le code et là, c'est plus opérationnel.

Je terminerai avec la partie side project. C'est quelque chose qui a toujours été le fil conducteur pour moi. C'est en faisant que j'arrive à apprendre ou à me faire une idée sur telle ou telle techno. Évidemment, on ne peut pas tout tester, mais je me suis toujours débrouillé pour faire des projets qui intégraient des choses assez différentes. Et puis il y a Inoreader que j'utilise un tout petit peu, mais c'est surtout toi qui me l'as fait découvrir.

Camille Roux : Inoreader, c'est une sorte d'agrégateur de sources d'actualité, notamment via des flux RSS. C'est l'outil que j'utilise pas mal et qui a beaucoup d'avantages. Il permet, une fois qu'on est abonné à différents flux, de pouvoir facilement les traduire en français si on veut, les résumer, ou avoir un mode lecture.

Comment Camille fait sa veille ?

Camille Roux : Ça fait quelques années que je m'en sers. J'ai centré ma conférence là-dessus, mais ce n'est pas du tout un outil obligatoire. Dans les propriétaires, il y a Feedly, et il y en a aussi plein qui sont open source. Trouvez celui qui vous va bien. Le mien est très centré sur l'écrit.

Là, par exemple, je vous montre le flux RSS de Hacker News. On peut voir qu'il y a énormément d'actus. C'est très difficile de tout lire. L'outil va déjà nous aider à repérer des news qui pourraient être intéressantes. On peut mettre des filtres, rechercher des mots-clés pour les afficher et les mettre en avant. Il y a aussi une notion de score qui représente à quel point l'actu est populaire par rapport aux autres actus du même flux. Au moins, ça permet de ne pas louper les grosses actus.

Ce que j'aime bien, c'est qu'on peut faire des résumés générés par IA. C'est super intéressant parce que des fois, on ne sait pas si on a envie de lire un article ou on n'a pas le temps de tout lire. Ça permet d'avoir une bonne idée de quoi ça parle. Parfois, si c'est une actu qui m'intéresse où j'aurais peut-être lu que le titre, ça me permet d'avoir un peu plus de fond sans même aller sur la page.

Je peux aussi aller chercher le contenu de l'article pour des sites qui auraient beaucoup de pub ou une présentation qui ne me plaît pas. Je peux aussi le traduire, ce qui donne accès au contenu même dans des langues que je ne maîtrise pas. Je peux aussi en générer une version audio. Matthieu, tu me disais que la voix n'était pas très agréable, mais bon, ça dépanne si on ne peut pas faire autrement.

Matthieu Segret : C'est ça. Pour le moment, j'utilise ça, mais je suis en train de faire un outil pour avoir une voix qui me correspond un peu plus et qui est plus agréable dans la durée.

Camille Roux : Il y a plein de fonctionnalités de partage, on peut se les marquer pour les lire plus tard. On peut les taguer pour s'organiser, et ça permet de générer des flux RSS derrière. Par exemple, j'ai des tags qui vont partager ma veille automatiquement sur les réseaux. On peut aussi le partager avec son équipe.

Il y a plein de choses qu'on ne pense pas toujours à mettre dans un lecteur de flux RSS. On peut mettre des sites qui n'en ont pas. Par exemple, le blog de Cursor n'a pas de flux RSS, donc il fallait l'éditer à la main. On désigne ce qui a l'air d'être un article dans l'HTML et ça nous génère un genre de flux RSS à partir de ça. On peut générer des flux à partir de newsletters. Pour éviter de saturer votre boîte mail, vous pouvez vous abonner à une newsletter via un e-mail généré par ce service, et vous recevez vos mails exactement comme des articles.

Comment organiser sa veille ?

Camille Roux : Il y a un énorme intérêt à ces outils : c'est de ne pas subir un algo. Tu parlais tout à l'heure de veille sur X ou sur YouTube, et en fait, là, on subit énormément l'algo. Il peut y avoir des biais, le service va nous amener vers des posts qui nous intéressent énormément ou qu'on déteste pour chercher une réaction. Ce n'est pas toujours ce qu'on a envie d'avoir dans la veille. Surtout, on ne va pas choisir à quel moment on veut voir quoi. J'ai plein de passions, mais je n'ai pas envie de lire des news sur l'IA générative ou la photo à un moment où j'ai plutôt envie de me renseigner sur du code.

Avec ces outils, vous pouvez mettre vos sources à des endroits différents, dans des répertoires différents, et ça vous permet de vous concentrer sur un sujet sans tout mélanger. Si je suis dans le train et que je n'ai pas le temps de me poser sur un article technique, je peux regarder les nouveaux objectifs qui sont sortis pour la photo, c'est de la détente. À un moment où je suis un peu plus posé, je peux lire Hacker News et vraiment me concentrer sur des articles de fond.

Matthieu Segret : Ce que tu dis est hyper intéressant. Sur ces réseaux comme X ou YouTube, plus tu vas regarder un certain contenu, plus il t'en propose. Ça a un effet de réduction du sujet de veille. Je m'intéresse à l'IA comme plein de dévs, mais il y a plein de sujets que je n'ai pas envie de délaisser, comme Ruby, Rails ou même des sujets scientifiques. Je n'ai pas envie d'être cantonné forcément toujours au même sujet.

Camille Roux : Je vois aussi des développeurs qui bloguent peu souvent. Je suis quasiment sûr de les rater si je les suis sur les réseaux. Un tweet, l'espérance de vie est très courte. Là, j'ai des potes qui vont publier deux articles par an, j'ai vraiment envie de les lire. Même si j'ai un mois de retard, je sais que je ne l'ai pas lu et je peux le lire quand je veux. C'est pareil pour des services ou des outils qui sortent des nouvelles versions. J'ai vraiment envie de ne pas les rater.

Matthieu Segret : Une chose que tu n'as pas citée sur l'outil et que je vais utiliser, c'est aussi de m'abonner à des podcasts ou à des chaînes YouTube. Ce qui est bien avec Inoreader pour la veille, c'est qu'on a un seul outil qui centralise assez bien les choses.

Camille Roux : Est-ce que tu aurais des conseils pour des gens qui sont peut-être pas très bien organisés ?

Matthieu Segret : Ce n'est pas évident parce que ça dépend des formats. Moi, je sais qu'Inoreader m'a beaucoup aidé à structurer ma veille. Avant ça, c'était un peu chaotique et j'étais malheureusement victime des algorithmes. Mon conseil, c'est d'essayer de suivre exactement ce à quoi tu t'es abonné et de ne pas suivre le flux de l'algorithme de base. C'est bien, il va parfois te recommander des choses que tu ne connais pas, mais en fait, ça fait que les gens que tu suis à l'origine, tu ne les vois plus.

Camille Roux : De mon côté, j'ai tendance de plus en plus à mettre le lecteur de flux RSS vraiment au centre. Si quelqu'un sur BlueSky partage une veille qui me plaît, je vais le mettre aussi dans le lecteur de flux RSS. Pareil pour des chaînes YouTube. Ça me permet de me débarrasser de l'algo.

Je pense aussi qu'il faut essayer d'être très minimaliste sur la quantité de flux qu'on suit. C'est très facile d'être débordé. On a tous eu le réflexe d'en suivre trop et on se noie très vite. J'aurais tendance à conseiller d'en mettre le minimum possible et de les classer par fréquence de publication. Si vous mettez votre pote qui publie deux articles par an dans le même répertoire que Hacker News, si vous n'avez pas le réflexe d'aller voir les flux séparément, vous n'allez jamais voir ces deux posts. J'ai donc un répertoire pour les agrégateurs qui ont beaucoup de choses, un pour les développeurs qui publient peu, un pour les boîtes qui publient moyennement.

Pour éviter d'avoir trop de flux, je me repose aussi pas mal sur des agrégateurs ou des newsletters. Au lieu de m'abonner à tout ce qui pourrait me plaire, je m'abonne à des sources qui vont m'amener des choses intéressantes. En francophone, on peut citer le Journal du Hacker ou évidemment Human Coders News qui existe depuis 14 ans maintenant. On va bientôt atteindre les 20 000 news postées. Merci d'ailleurs à tous les gens qui postent régulièrement dessus. En anglais, il y a Hacker News ou Lobsters.

Matthieu Segret : En complément, j'aime bien aussi suivre les chaînes YouTube des événements, des conférences ou des meetups. Je regarde les vidéos de Paris.rb, Lyon.rb, ou des grosses confs comme Devoxx, Mix-IT ou autres. Des fois, je me fais une pause le midi et j'aime bien m'écouter une conf. Un dernier conseil : c'est de pratiquer. Si je ne pratique pas à un moment donné, l'actu arrive d'un côté et repart de l'autre. Est-ce que j'ai réellement intégré l'information ? Peut-être un petit peu quand c'est des sujets d'actu, mais quand c'est des technos, pas trop.

Camille Roux : C'est très juste. Sur la veille, il peut y avoir autant des news où j'ai envie de les mettre en application tout de suite — par exemple, Rails va sortir une nouvelle fonction et on a envie de la mettre en pratique pour la maîtriser — et à la fois des news qui sont intéressantes mais, au moment où je les lis, je n'ai aucune idée d'à quoi ça va servir. Et c'est OK. Peut-être que dans deux jours, ou peut-être que dans deux ans, je me dirai : "Ah, le problème que j'ai là, c'est un truc j'avais vu il y a un petit moment, attends laisse-moi le rechercher". Ça va me donner cette idée que je n'aurais pas eue autrement.

Veille et IA

Matthieu Segret : Il y a aussi un éléphant dans la pièce qui commence à arriver avec les LLM et l'IA. De plus en plus, je me pose des questions sur des technos, des sujets techniques, de comment ça marche, dans quel cas l'utiliser. C'est tout simplement demander à un LLM. Évidemment, il faut vérifier les sources, mais je trouve ça pas mal. Plutôt que de lire de la documentation, je vais beaucoup plus passer par cette interface pour creuser certains sujets. Ce n'est pas un flux qui vient automatiquement par des réseaux, c'est soi-même on a envie de savoir comment utiliser cet outil ou quelles sont les bonnes pratiques. Il peut te faire un petit tuto pas à pas. C'est vraiment chouette, même si c'est pas mal aussi en complément d'en parler avec des humains ou de compléter avec des articles.

Que fait-on de notre veille ?

Camille Roux : Qu'est-ce qu'on fait de ces articles ou de ces ressources ? J'ai vraiment pris l'habitude de la partager sur les réseaux. J'adore que les gens le fassent. Il y a plein de gens qui font une veille trop bien et j'adore les suivre parce que ça mâche de ouf le travail de veille. On peut avoir des gens pointus sur un sujet qui vont aller chercher des choses que je n'aurais peut-être pas trouvées.

En tant qu'étudiant, ça m'a aidé à avoir de la visibilité, une certaine crédibilité auprès des employeurs. J'essaie vraiment de ne plus être sur X, donc tout ce que je publie ou tout ce que la boîte publie sur X est aussi sur BlueSky et Mastodon. Désabonnez-vous de X et allez sur BlueSky, ce sera beaucoup mieux, on subit moins l'algo et c'est plus agréable.

Il y a aussi la contribution à des agrégateurs. Évidemment Human Coders News auquel je contribue beaucoup. C'est super utile pour des créateurs de leur donner de la visibilité. C'était vraiment la motivation depuis le début : donner de la visibilité à des créateurs francophones. Quand ils créent, c'est hyper dur d'avoir les premiers lecteurs.

Il y a aussi le partage dans l'équipe. Sur le Slack de Human Coders, on peut suivre des concurrents, l'actualité sur les lois autour de la formation parce que c'est notre métier. Il y a plein de cette actu qui finit sur Slack pour en parler en interne.

Matthieu Segret : Contrairement à toi, je vais avoir moins ce réflexe de partager les actualités sur les réseaux, même si je l'ai beaucoup fait pendant des années en tant que formateur auprès des participants que j'avais. J'aime beaucoup la transmission, peut-être plus en direct. Aujourd'hui, je peux le faire dans des meetups ou en échangeant avec d'autres dévs.

Je reviens au côté pratique : j'adore l'intégrer sur des projets. Je peux donner deux exemples récents : Coqui TTS pour le text-to-speech que j'ai pu installer sur la machine, faire des essais et voir que la qualité de la voix m'allait assez bien. Il y a aussi Voxta qui peut être très cool, qui a été sorti par Mistral et qui permet de pouvoir faire la transcription de fichiers audio. Comme l'anglais ça va à l'écrit mais à l'oral j'ai un peu de mal, surtout si c'est un podcast qui dure une heure, je préfère que ce soit en français. Avec Voxta, je peux faire la transcription et avec Coqui TTS faire le text-to-speech et à la fin avoir mon fichier en audio en français que je peux écouter avec peut-être un résumé si j'ai envie.

Camille Roux : J'en ai juste marre que l'IA soit omniprésente sur les réseaux et j'ai aussi envie de voir d'autres choses. J'ai une catégorie IA sur mon lecteur de flux RSS, j'y vais au même titre que les autres. Ça me permet aussi d'avoir le focus sur plein d'autres choses qui m'intéressent beaucoup. Il ne faut pas être "IA-centré" tout le temps parce qu'il y a plein de belles choses qui sont créées régulièrement. Pour Ruby on Rails, je trouve ça toujours fascinant de voir à quel point cette communauté est inventive, crée des outils incroyables. Je suis toujours admiratif par exemple de Hotwire avec Turbo qui permet d'éviter de sortir du Angular ou du React et à la fin d'avoir des interfaces extrêmement réactives.

Le lien entre Human Coders et la veille

Camille Roux : Est-ce que tu pourrais expliquer quel est le lien entre Human Coders et la veille ? C'est une passion commune qu'on a et ça a énormément teinté la création de la boîte.

Matthieu Segret : Complètement. Même si on fait de la veille de manière assez différente, avant même de créer Human Coders ensemble, on avait créé les ITT. C'était des événements qu'on avait toutes les semaines, des confs qui faisaient qu'on réunissait les personnes qu'on connaissait, des dévs à Sophia. On a été pas mal dans le milieu meetup. Après, quand on a voulu créer Human Coders — j'étais dans le monde de la formation et de la transmission à ce moment-là — il nous paraissait assez logique que la vision commune soit la transmission et le partage entre dévs.

On est dans un univers qui est très mouvant, qui bouge tout le temps. C'est que collectivement qu'on va pouvoir réussir finalement à réagir à ce mouvement et à trouver l'information utile dans le bruit ambiant. On était là aussi pour nous aider, nous et aider les développeurs tout simplement à progresser suivant la techno dans laquelle ils sont, les aider à faire de la veille, à se rencontrer, à se former. C'est au cœur de ce qu'on a monté depuis 14 ans maintenant.

Le modèle économique est qu'on est un centre de formation, mais après, tout ce qu'on a créé autour, c'est des services qu'on a voulu faire en tant que dévs pour aider les développeurs : les Human Talks pour les confs, Human Coders News pour les news, les podcasts qu'on fait aujourd'hui... Chacun trouvera son format.

Camille Roux : Tous ces services et formats ont un point commun : la veille ou, plus largement, le partage de connaissances. Les Human Talks ont lieu dans plein de villes en France tous les mois. Quand on l'a lancé, on voulait que ce ne soit pas centré sur une techno en particulier. On voulait vraiment que les gens viennent et se disent : "OK, je ne sais pas trop de quoi ça parle aujourd'hui, mais je verrai bien". Qu'il y ait une développeuse qui nous parle d'un truc hyper pointu en Java, puis quelqu'un qui nous parle d'un compilateur C++, puis que ça parte sur du Web. Que ça nous amène sur plein de sujets qu'on ne maîtrise pas, mais qu'à la fin on se dise : "Mince, j'ai laissé 10 minutes à des gens pour donner envie aux spectateurs d'aller regarder sur Google ou autre le soir pour se renseigner". Là aussi, la veille était au centre.

Évidemment, sur ce podcast, on parle de l'actu et c'est très présent. Le Discord, c'est pareil, le gros de la discussion c'est : "Qu'est-ce qui se passe dans le milieu du dév en ce moment ?". C'est vraiment une passion qui nous anime depuis l'école d'ingé. Je pense que ça a beaucoup d'impact. Les gens qui font de la veille vont plus facilement faire du réseau, plus facilement faire des bons choix technos, plus souvent trouver du taf ou être plus informés sur le marché de l'emploi. Rapidement, sur quelques années, ça fait la diff. C'était vraiment quelque chose qui était important qu'on a mis dans nos pratiques et qu'on voulait faciliter et partager.

Matthieu Segret : Pour les Human Talks, ce que je trouve vraiment génial avec ce type de format, c'est que depuis plus de 10 ans, ça m'a fait rencontrer des gens d'univers extrêmement variés. À chaque Human Talk, il y a des gens qui montent leur startup, mais aussi des personnes qui bossent dans des centres de recherche, des étudiants, des personnes qui bossent dans des ministères ou dans des grosses boîtes. On voit que chaque type de développeuse ou de développeur dans leur structure n'ont pas du tout les mêmes contraintes, n'ont pas du tout les mêmes visions. Moi, ça m'apporte énormément de voir cette diversité et de ne pas être que dans le monde startup. C'est une ouverture d'esprit qui est vraiment très chouette. Essayer de sortir de sa bulle le plus possible, c'est peut-être un peu le fil directeur : comment on sort de ces bulles de filtres ?

Conclusion

Camille Roux : J'ai l'impression qu'on a bien balayé comment on s'y prend, un peu les bases pour s'y mettre pour ceux qui n'ont pas l'habitude. Je pense qu'on a aussi partagé les bonnes pratiques.

Petit récap pour les gens qui n'en font pas : trouvez un lecteur de flux RSS (Inoreader, Feedly sont propriétaires, mais il y a plein d'équivalents open source). Abonnez-vous à quelques ressources que vous lisez peut-être déjà, quelques agrégateurs. Si vous voulez des agrégateurs francophones : Human Coders News, le Journal du Hacker. En anglais : Hacker News, Lobsters. Commencez comme ça, peu de ressources. Prenez le réflexe d'aller dessus et de centraliser toute votre veille dessus. Newsletter, vidéo, réseaux sociaux, vous pouvez tout mettre dedans. Triez par répertoire, par sujet et par fréquence. C'est un truc un peu itératif. De temps en temps, posez-vous et dites : "OK, cette catégorie je ne la lis jamais, allez je l'enlève", "ça c'est le bordel, je le divise en deux".

Matthieu Segret : C'est un super outil. Après, pour les podcasts francophones que j'aime bien suivre en ce moment, il y a À la French, If This Then Dev, Tranches de Tech... Il y a aussi Grafikart, évidemment, que j'adore suivre également. Sur le blog de Human Coders, on a fait il y a pas très longtemps un article sur les podcasts qu'on préfère.

Camille Roux : Merci Matthieu pour cet échange. Merci à tous ceux qui nous écoutent. N'hésitez pas à venir discuter sur notre Discord pour parler de tout ça. Si vous avez des questions, si vous avez des ressources à proposer, c'est avec un grand plaisir qu'on en parlera. À très bientôt pour un prochain épisode !

Matthieu Segret : Salut !

Camille Roux : Ciao ciao !

Informations sur l'épisode
Date de publication
Saison
2
Épisode
24
Durée
45:23
Série
Human Coders Podcast